samedi 18 avril 2015

La pédagogie Montessori n'est pas une recette de cuisine !



C’est par ce cri que je souhaite débuter cet article, et par là-même inaugurer mon blog !

En effet, je l’ai annoncé depuis un temps certain, j’avais dans ma boîte à projets de créer cette plateforme web pour publier mes propres écrits et être en lien direct avec ceux qui auraient envie de me lire.

En cherchant quel sujet m’importait au point de vouloir en faire le texte inaugural de ce blog, un énième post dans un groupe Facebook dédié à la pédagogie faisait état d’une non moins énième adaptation du travail de Maria Montessori. De là ce cri intérieur : NON, la pédagogie Montessori n’est pas qu’une méthode d’éducation ! NON, ce n’est pas une pédagogie bobo, à la mode !

C’est tellement plus qu’une recette de cuisine !
Maria Montessori, à la fin de sa vie, était déçue de ce que le monde avait retenu de sa pédagogie. C’est dire que le malentendu ne date pas d’hier !
Lorsque Maria Montessori s’est retrouvée au contact d’enfants dits « débiles », elle s’est rendue compte qu’ils n’avaient aucun jeu, jouet, matériel à disposition. Ces enfants, mis au ban d’une société qui ne croyait pas en eux, avaient développé des comportements violents et agressifs. Les seuls moments d’activité étaient les repas, et les enfants se battaient pour les miettes de pain restés au sol. Maria Montessori leur a alors fabriqué du matériel éducatif. L’intérêt des enfants a été immédiat, leur développement a connu une progression fulgurante et Maria s’est rendue compte que la pédagogie pouvait plus pour ces enfants que la seule médecine.

Depuis lors, le matériel Montessori connait une popularité grandissante, à tel point qu’il occulte à présent tout le reste de la pédagogie. Or, le matériel n’est qu’un moyen, pas une finalité. C’est la face émergée de l’iceberg. Il est important, certes. Mais la pédagogie Montessori réduite à son matériel, est telle qu’un arbre coupé de ses racines. Il manque l’essentiel.

Pourquoi la pédagogie Montessori ne se résume pas à son matériel ?

L’apport de la pédagogie Montessori à notre société moderne, ce n’est donc pas le matériel. Sinon, elle n’aurait été qu’une méthode d’éducation de plus, une parmi d’autre. Cela ne veut toutefois pas dire qu’elle n’aurait pas été intéressante pour autant.
A la question « comment est-ce que l’enfant apprend ? », la pédagogie Montessori propose deux axes de réflexion :
1. Le processus d’apprentissage

Il est profondément individuel, c’est un cheminement intérieur propre à chaque enfant. Il repose sur 3 principes de la pédagogie Montessori :
  • l’esprit absorbant, cette capacité d’absorption inconsciente de l’environnement, qui favorise l’apprentissage sans effort.
  • les périodes sensibles, qui sont des phases dans le développement de l’enfant, pendant lesquelles il développera une sensibilité pour tel ou tel domaine de son évolution.
  • Les sens, qui sont les points de contact de l’enfant avec son milieu extérieur.
2. La méthode

Dans la pédagogie Montessori, elle s’adapte au processus individuel que je viens de décrire afin de respecter le rythme de l’enfant. Par l’observation, l’adulte proposera donc du matériel à l’enfant, en fonction de son intérêt et de son évolution.
Sans observation et respect des processus individuels, le matériel n’aura pas le même impact. Nous risquerons fort de tomber au mauvais moment, de présenter quelque chose qui ne correspond pas à l’enfant, qui ne fait pas sens pour lui. Le matériel seul n’est pas grand-chose ! L’aspect méthodologique sera donc de moindre effet s’il n’est pas accompagné du respect du processus individuel de l’enfant.
La pédagogie Montessori  est une véritable philosophie, un choix de vie profond et bienveillant. Et en ce sens, on ne peut pas « faire du Montessori ». La pédagogie Montessori se vit de l’intérieur, nous offre la possibilité de développer une autre vision de l’enfant, de l’éducation et des apprentissages. C’est bien là, la clé pour respecter le processus individuel de l’enfant.
Les grands principes de la PHILOSOPHIE Montessori
Maria Montessori a rédigé l’idéal à atteindre et l’a nommé « le décalogue de l’éducateur ».

  1. Ne touchez jamais l'enfant sauf s'il vous y invite (d'une manière ou d'une autre)
  2. Ne dites jamais de mal d'un enfant devant lui ou en son absence
  3. Concentrez votre effort à renforcer et à aider le développement de ce qui est positif en l'enfant.
  4. Mettez toute votre énergie dans la préparation du milieu, prenez-en soin régulièrement d'une façon méticuleuse.
  5. Aidez l'enfant à établir de bonnes relations avec le milieu.
  6. Montrez-lui l'endroit ou le matériel se range et indiquez-lui comment il doit s'en servir.
  7. Soyez toujours prêt (e) à répondre à l'appel de l'enfant qui a besoin de vous, écoutez et répondez toujours à l'enfant qui a recours à vous.
  8. Respectez l'enfant qui fait une erreur et qui peut, soit sur le moment se corriger de lui-même, mais arrêtez fermement et immédiatement tout mauvais usage du matériel et toute action qui met en danger l'enfant, son développement, ou les autres enfants.
  9. Respectez l'enfant qui se repose ou observe les autres travailler, ou réfléchit à ce qu'il a fait ou fera.
  10. Ne l'appelez pas et ne le contraignez pas à une autre forme d'activité.
  11. Aidez ceux qui cherchent une activité et n'en trouvent pas.
  12. Présentez inlassablement des activités à l'enfant qui les a refusées auparavant ; aidez-le sans cesse à acquérir ce qu'il n'a pas encore et à surmonter ses imperfections, faites tout ceci en animant le milieu avec soin ; en ayant volontairement une attitude réservée, en usant de mots aimables ; et en étant une présence aimante.
    Faites que votre présence et votre disponibilité soient ressenties par l'enfant qui cherche, et demeurent cachées à celui qui a déjà trouvé.
  13. Traitez toujours l'enfant avec la plus grande politesse et offrez-lui le meilleur de ce dont vous disposez.

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